La guitare sèche et la balcon (partie VIII)

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Cette nuit-là, Max dormit comme une bienheureux. Aucun rêve ne vint le troubler, aucun son ne le réveilla, aucune idée saugrenue ne le chatouilla. Lorsqu’il ouvrit les yeux le lendemain matin, il se sentait reposé et plein d’énergie, comme il ne l’avait pas été depuis longtemps. Le jour avait commencé depuis un moment, et il était temps qu’il le rattrape. Il souleva son drap, s’étira longuement et dans tous les sens, s’assit les pieds par terre, se frotta le visage puis finalement quitta son lit puis sa chambre, bien décidé à profiter intégralement de sa journée. Arrivé dans le salon, il fût étonné de trouver le store baissé complètement, chose qu’il ne faisait jamais. Mais la mémoire lui revint instantanément et la légèreté qui l’avait poussé hors du lit la seconde d’avant le quitta encore plus vite. Ève… Il hésita un moment, le doigt près de l’interrupteur des volets. Il décida finalement qu’il était bien plus fort que cette envie et ouvrit donc sans trouble ce long volet sans fin. Il fut ébloui par la lumière qui envahit doucement la pièce, cligna des yeux trois ou quatre fois, puis s’habitua et continua son chemin vers la cuisine. Il ouvrit le frigo, se servit et dégusta tranquillement le liquide frais, en regardant ses pieds nus sur le carrelage chauffé par le soleil. Sans un regard pour la terrasse, il se tourna pour préparer son petit déjeuner. Lait, cacao, pain, Nutella… Le rituel avançait dans un silence apprécié qui laissait le temps aux neurones de s’éveiller doucement, sans être ni choqués, ni perturbés, ni secoués. Le silence régnait. C’était parfait.



Il était attablé depuis environ 10 minutes lorsqu’une musique dramatique et une voix d’homme déchirèrent le calme du quartier. Max sursauta et renversa un peu de son lait sur lui. Il essuya rapidement puis se leva pour rincer la tâche au plus vite afin d’éviter que le cacao ne tâche son t-shirt trop fort, parce qu’après ce serait impossible de faire disparaître l’auréole brunâtre. Il sourit en imaginant sa mère sortir d’une voix volontairement gouailleuse “c’est qu’après impossible d’y ravoir ma bonne dame !” comme à chaque fois qu’elle avait vu son fils se précipiter à l’évier pour rincer son étourderie quand il habitait encore avec elle. Comme à chaque fois, le froid du t-shirt trempé qui venait se plaquait sur son ventre le saisit brutalement. Comme à chaque fois, il lâcha un juron puis l’enleva immédiatement. Et comme à chaque fois, il fila dans sa chambre pour en changer. Sauf que cette fois, la musique tournait et qu’en sortant de la cuisine il passa devant la baie vitrée et vit Ève accoudée à la balustrade de sa terrasse, le regardant. Il se figea, saisi. Elle lui sourit. Il ne bougea pas. Elle lui sourit plus largement et lui fit un petit signe de la main. Il ne bougea toujours pas. Alors seulement les paroles de la chanson qui emplissait l’air de son appartement lui parvinrent, et il sourit à son tour. Désormais c’était une voix de femme, plutôt enfantine qui répétait “t’étais où ?” à plusieurs reprises, accompagnées d’un son de synthé typique des années 80. Il se frotta la nuque, sourit un peu plus, et oubliant qu’il était torse nu, sortit sur sa terrasse. Il fit un signe de la main à Ève qui le lui rendit, coupa la musique et lui montra un panneau sur lequel elle avait écrit...

(à suivre...)




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CONVERSATION

2 commentaires:

  1. Lolo from Lyons11 mai 2014 à 17:43

    Enfin une bonne référence musicale ! Le danseur étoile de l'opéra d'Helsinki est pourtant une source d'informations hors pair d'habitude ! :-)

    Quelques corrections : "Max dormit comme UN bienheureux", "t-shirt trempé qui venait se plaquER sur son ventre".

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  2. Lolo from Lyons11 mai 2014 à 17:48

    Tu décris bien ce moment précieux où le temps lui-même semble hésiter à s'écouler, avant que tout bascule... Bravo, MA !

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