Une tour, une madeleine et moi.

Si vous me suivez sur Instagram, vous aurez compris que toute la semaine dernière j'étais à Lyon.




Je ne vis pas à Lyon même, aussi j'ai dû prendre le train matin et soir pour circuler. Première surprise, moi qui pensait que ça me gaverait très très vite d'être dépendante d'horaires fixes et d'une société connue pour être peu portée sur le respect des horaires ou de ses usagers, j'ai découvert qu'en fait c'est plutôt reposant. Ne pas avoir à conduire ou marcher, mais être là à attendre simplement d'arriver est en fait une vraie bulle de décompression, un temps où je peux m'évader complètement du train train (mouarf) et laisser courir mes pensées au gré de ce que je vois. Un paysage, une lumière, un visage, une paire de chaussures... Avec ou sans musique dans les oreilles, mon esprit glisse, j'observe, j'imagine et déjà mes doigts s'impatientent et cherchent le clavier pour venir y coucher tout ce qui se bouscule dans ma tête. Une bénédiction quand on écrit !

Sans compter que - deuxième surprise -  à toi mon lecteur chéri je peux le dire, je me suis beaucoup amusée dans le métro. A l'exact opposé du métro parisien puant et étroit, le métro lyonnais est un quatre étoile du transport en commun ! Largeur des wagons (dit-on wagon pour un métro ?), modernité, esthétisme, propreté... Et puis les stations elles-mêmes sont propres, agréables, faciles.. 



Bon, j'avoue ne pas avoir parcouru la totalité du réseau ferré, mais quand même, c'est incroyable de voir cette différence ! Et du coup, comme qui peut le plus peut le moins, ce métro-là, je l'ai kiffé. Ouais : kiffé, carrément ! Reste qu'entre le temps d'attente de la rame (ah voilà : on dit rame de métro, pas wagon) et celui passé à attendre d'arriver à bonne station, il faut bien s'occuper. J'avais tellement sommeil que lire était proprement inenvisageable parce que dans ces cas-là ça me fait un effet étrange, du genre tisane Bonne Nuit mixée à un flacon d'Euphytose le tout saupoudré de 4 boîtes de Valium.

sources : baron-von-daniel.tumblr.com

Alors je me suis trouvée un petit jeu que je baptise promptement "Shoes me" et dont le but est simple : en ne regardant que les chaussures de quelqu'un, il faut imaginer la personne qui se trouvent dedans. C'est bête hein, mais si votre moi s'entend bien avec votre surmoi, ils peuvent partir dans de belles et franches rigolades. Internes, of course. Sinon, ça peut engendrer des situations cocasses... Je vous le recommande, et vous me direz si ça vous a fait marrer ou pas.

Bref, je m'égare je crois. Donc j'étais à Lyon. La belle, la majestueuse, la lumineuse. Lyon. Et tous les matins, et tous les soirs aussi d'ailleurs, j'avais la chance de traverser en train un pont m'offrant une vue incroyable sur la ville au bout du fleuve, un peu comme sur la photo qui ouvre ce billet. Chaque matin, je guettais ce moment magique, et je prenais encore un peu plus d'air.

Dans ce tableau se trouvait la fameuse Tour de la Part Dieu. En soi, le bâtiment est assez moche, je vous l'accorde. Mais en moi, ça rend pas pareil. En moi, ça rend magique. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je la vois, je me sens un peu à la maison. J'ai une tendresse particulière pour ce crayon de béton et d'acier depuis aussi loin que je me souvienne, tout en le trouvant très objectivement hideux. Étrange n'est-ce pas ?  Pas tant que ça si on se réfère à mon enfance.

Quand j'étais petite, nous habitions Lyon et ma maman travaillait dans cette tour. Et dans mon esprit naïf d'enfant, cette tour majestueuse renfermait forcément des métiers incroyables, me laissant penser que ma maman menait une vie trépidante... Chaque matin elle s'aventurait dans ce bâtiment incroyable et y vivait forcément des choses extraordinaires ! Quand je passais devant, ma nonna* me disait "regarde ! c'est maman !"... Je levais les yeux sans fin, éblouie, ébahie. Alors tout mon amour s'envolait par delà les 40 étages pour aller retrouver ma mère, si loin et si proche, dans cette immense tour... Maman est là... 

Et aujourd'hui encore, quand je la vois se profiler à l'horizon, je souris et je me sens bien. Maman est là... Comme la semaine dernière je n'ai pas dérogé à cette règle, je me disais en la voyant que finalement, cette tour Part-Dieu, c'est un peu ma madeleine à moi ! Moins douillette et appétante, là encore je vous l'accorde, mais quand même pile poil régressive et cajolante. Et vous ? C'est quoi votre madeleine indigeste ?

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* nonna : grand-mère en italien

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CONVERSATION

6 commentaires:

  1. Lady de Nantes !

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    1. Non, désolé rien à voir. Je regardais juste le spectacle d'Alex Lutz dans lequel Lady de Nantes est une bloggeuse allergique au gluten.

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  2. les odeurs! les odeurs de cette terre si sèche qu'elle en est toute craquelée, de cette terre d'Afrique quand elle reçoit enfin la pluie... C'est indescriptible, ça sent l'Afrique, ça sent la pluie ENFIN, ça sent mon enfance...

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    1. c'est beau ce que tu dis là... et je le comprends d'autant mieux que moi aussi les odeurs peuvent faire resurgir des souvenirs ou des sensations...

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  3. L'odeur des pins = Oléron
    L'odeur des raviolis, l'odeur du ricoré, l'odeur des bonbons à la Violette = ma grand-mère maternelle.
    Mes madeleines, c'est plutôt les odeurs aussi.

    Je dois en avoir plein d'autres je pense. Mais comme ça, ce sont les premières idées qui me viennent à l'esprit.

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