La vie, la vie, la vie, la vie...

... Cette étrange concept... Capable d'être la chose la plus précieuse qui soit puis de devenir en un claquement de doigts la pire chienne à abattre. Pourtant... La vie... Fragile... Précieuse... Indéchiffrable... Imprévue...

Il y a quelques temps, j'ai eu la chance de lire la prose toute neuve d'un ami à moi. Fébrile et inconscient, il m'a confié ses lignes comme on confit une nouvelle recette à un fin gourmet... Je suis si difficile. Et tellement aisément déçue... Au moment de cliquer sur "ouvrir le fichier" soudain, c'est moi qui tremble. Quelle responsabilité il me donne là... Si c'était mauvais, aurais-je le courage de le lui dire ? Est-ce que cette franchise que j'attends tellement des autres est réellement possible ? D'ailleurs, est-ce que j'aurais sincèrement envie de l'entendre... Pendant que je me perds dans mes inquiétudes, mon doigt a décidé seul et a cliqué. Le document s'ouvre et je plonge dans les mots...

L'écriture est fluide, je ne comprends pas toutes les références culturelles mais l'histoire m'emporte... J'imagine la scène, je vois les personnes s'animer, j'entends leur conversation, le ronron du train, leur voix devenir plus basses au point de manquer certains mots, et je me glisse dans la peau de celui qui raconte. Je peux ressentir ce qu'il met en mots...

Puis je suis interrompue. Une fois, deux fois, trois fois... Trop ! Bien trop ! Alors je bâcle la fin de la lecture, me promettant de relire le tout au calme. Seule. Tranquille.

Mais le fil de la pensée de l'auteur trotte en moi... J'y pense et y repense. Cent mille choses attendent que je m'en occupe, mais mon esprit n'est pas disponible. Il est resté dans le train...

Aujourd'hui, enfin je relis ce texte et je m'attelle à vous livrer la philosophie qu'il m'a inspiré...

En lisant, je réfléchissais et je me disais que je crois depuis toujours, ou en tout cas depuis assez longtemps pour que je ne puisse plus me rappeler quand ça a commencé, que la vie est ce qu'on en fait. Pas du genre "prend ton destin en main", "quand on veut on peut" "ou lève toi et marche", mais dans le genre de "mon esprit peut décider du sens qu'il donnera aux événements de ma vie". Et même dans le genre de "je suis ce que je fais de moi". Par exemple, en choisissant de ne pas décréter que ma semaine est pourrie parce que deux ou trois événements contrariants sont arrivés, mais de bien rester sur le fait que deux événements sont venus pourrir ma semaine, qui elle m'apporte aussi son lot de petits plaisirs et/ou de grands bonheurs. Le tout étant de les voir encore, malgré la contrariété, c'est indéniable. Et c'est là que réside toute la difficulté de la tâche, on est bien d'accord.

Je m'explique. Dans son joli texte, cet ami parle finalement de la difficulté de n'être pas beau selon les critères actuels. La manière dont ça peut compliquer la tâche et l'existence. Quand je lis ses mots, je comprends la tristesse que ça évoque en lui. La douleur même.

Or, il se trouve que depuis le début de l'été je suis moi-même dans une phase chonchon, me sentant plus proche de Mr Hyde que du Dr Jekill, plus proche de la Simone que de la Beauvoir, plus proche de la laidie que de la Lady, plus proche de la... Bref. Vous m'avez comprise. L'été est une période difficile pour les filles n'affichant pas une ligne de sylphide, et je suis des leurs. Pas de maquillage parce que la chaleur le fait couler et que je hais cette sensation, pas de cheveux brushés parce que je transpire suffisamment comme ça, pas de bijoux qui se collent sur ma peau moite... Aucun artifice, aucune couverture. Je suis au top du glam. Je me sens mal dans ma peau. Et je vois autour de moi les gens minces vivre, légers et vaporeux, avec la sensation d'être un grain de poussière sur leur cornée ou un insecte écrasé sur leur pare-brise. Je voudrais pouvoir m'excuser d'être là. J'oscille entre la volonté de me dire que je suis telle que je suis un point c'est tout et de courir me réfugier dans un trou de souris. Je me persuade que si les gens ne sont pas heureux de ce qu'ils voient en me croisant, ils n'ont qu'à regarder ailleurs. Sauf qu'ils regardent effectivement ailleurs et que ça fait un mal de chien de le constater...

Le lendemain de la lecture du récit de mon ami, il se trouve que les températures chutent considérablement et qu'il fait frais. Je dois alors me couvrir plus, moi la frileuse névrotique. Et je m'offre le luxe de mettre un peu de mascara, de sécher mes cheveux en les lissant légèrement, et de m'enrouler dans un foulard. Je glisse mes pieds dans mes chaussures à talons favorites et je pars faire quelques courses. Sans m'en rendre compte, je me tiens déjà plus droite, juste parce que je ne suis plus assommée par la chaleur. Et le miracle se produit. Les hommes soudain me regardent à nouveau et pas parce qu'ils se demandent comment contourner l'obstacle, mais parce que ce qu'ils voient est, semble-t-il, plaisant. Mieux, j'entends des réflexions faites entre potes qui sont plutôt flatteuses.

Pourtant, je suis la même qu'hier. Avec les mêmes kilos en trop, les mêmes cheveux, les mêmes yeux. Et pas assez d'artifices pour que ça puisse influer réellement. Sauf que voilà, aujourd'hui, j'ai mon armure et je me sens prête à affronter le monde. Et plus je vois les regards et j'entends les compliments, plus mon armure s'épaissit. Et c'est précisément ça qui fait toute la différence. C'est en ça que je dis que la vie est ce qu'on en fait. Courbée ou debout. Résignée ou combative. Muette ou volontaire. Je peux décider de la personne que je suis. Et les autres ne verront qu'elle.

Cher lecteur, mon ami, prends-en de la graine... Penses à qui tu es, penses à ce que tu veux. N'oublie jamais de laisser sa place au beau et au merveilleux dans ta vie et que les galères sont aussi là pour mettre en relief les moments joyeux. Et puis oublie très très très vite que j'ai eu la faiblesse d'avouer que je n'avais pas le corps de Scarlett Johansson et que moi aussi des fois, je suis chonchon...

J'insiste.

Oublie.

Sinon je devrais te tuer.





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CONVERSATION

4 commentaires:

  1. Et voilà ! On oublie bien souvent...trop... que les gens ne connaissent de nous que ce que l'on veut bien leur montrer ! Montre ton plus beau côté, ils oublieront que toi aussi, le matin, tu as le teint tout chiffonné ! ;-)

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  2. Mais qui est cet écrivain à la manque ??? Qu'il se dénonce !

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  3. J'ai beaucoup aimé une faute d'orthographe savoureuse (et peut-etre volontaire ?) en 5ème ligne : au lieu d'écrire "confie", tu as écrit "confit" comme un confit de canard, ce qui va merveilleusement bien avec la fin de la phrase "une nouvelle recette à un fin gourmet" ! ;-)

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    1. bien sûr que c'était volontaire !!! ahem...

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